Le culte à Saint-Vincent

La viticulture mosane est, dès l'époque mérovingienne, liée au culte de Saint-Vincent, patron des vignerons et des métiers associés aux produits de la vigne.

De nombreux documents et indices de culte à Saint Vincent ont été révélés à Huy, très important vignoble de la région, mais également à Amay, où l'on retrouve la plus ancienne mention écrite d'un vignoble en Belgique. Cela a notamment permis d'attester de l'ampleur du culte qui lui était voué mais surtout de comprendre l'importance de la viticulture dans ces deux localités.

 

Saint Vincent, chêne sculpté et polychromé, début du XVIe siècle

On retrouve quelques représentations du Saint dans la région sous des formes diverses comme les vitraux ou les gravures, mais c'est avant tout par la sculpture que les croyants lui ont rendu hommage. Dans la commune, quelques-unes nous sont parvenues. La plus ancienne est celle conservée dans les trésors de la Collégiale. En chêne polychromé, on estime son exécution vers l'an 1500. Elle présente tous les attributs caractéristiques de ce saint : serpe (outil utilisé notamment dans la culture de la vigne), dont le fer a disparu, la grappe et le livre ouvert.



Cette statue devait se trouver dans l'autel dédié au saint et mentionnée en 1529, quelques années après sa réalisation. Périodiquement, la statue prenait une place centrale lors de procession. Des chants priés rendant hommage à saint Vincent ont été retrouvés dans le processionnal à l'usage d'Antoine Léonard de la Collégiale d'Amay, daté de 1722 (l'ouvrage est en dépôt au musée communal d'Amay). 

On fête saint Vincent le 22 janvier, date charnière dans la viticulture durant laquelle les derniers travaux de préparation continuent : vérification de l'outillage, fabrication de piquets, préparation de l'osier. On organise également la première visite des vignes. Un dicton indique que "passé la Saint-Vincent, on peut aller tailler (la vigne)."