La culture de la vigne
Le plus ancien vignoble recensé dans la vallée de la Meuse se trouvait à Amay en 634.
En 634, le clerc de l’église de Verdun, membre d'une famille noble franque du sud du diocèse de Trèves, mentionnait dans son testament l’état de ses vignobles qu’il possédait en usufruit de la basilique Saint-Georges d’Amay.
| "Quant aux vignobles de Lieser que j'ai possédés en usufruit de Saint-Maximin de Trèves et aux vignobles que pareillement j'ai possédés en usufruit de la Basilique de Saint-Georges à Amay, où ma tante est enterrée, qu'ils retournent à ces deux églises après ma mort." |
La tante de ce donateur n'est autre que sainte Ode, ou Chrodoara, dont la dépouille a été découverte à la Collégiale Saint-Georges-et-Sainte-Ode. Fondatrice de la première église amaytoise, ainsi que d'une petite communauté mosane de moniales, on peut émettre l'hypothèse que sainte Ode et son entourage aient contribué à la plantation de vignes à Amay, afin de subvenir aux besoins en vin de l'église.
Il est attesté que la famille de Chrodoara possédait des vignes dans la vallée de la Moselle où la viticulture était déjà florissante au IVe siècle.
Le sarcophage de Chrodoara a été mis au jour en 1977. On estime qu’il a été réalisé au VIIIe siècle. Si son couvercle représente un personnage féminin, Chrodoara elle-même, l’un des flans est orné de six grappes de raisins et six feuilles de vignes attachées à un double sarment qui ondule sur la pierre.

Si l’on peut y voir une référence biblique, les motifs du sarcophage, ainsi que le testament d’Adalgisel-Grimo sont les premiers témoins, dans les archives et les arts, de la place que la vigne occupait dans la culture mosane.
D'Amay, la vigne prendra pied à Huy et Liège, sous l'impulsion des évêques de Tongres-Maastricht. Les coteaux mosans aux pentes bien exposées seront un terrain propice à l'expansion de la viticulture.
Cette activité a permis de développer le marché du travail de l’époque puisque de nombreux artisans étaient mobilisés pour le maintien et l’entretien de la culture de la vigne. Des archives évoquent les différents corps de métiers que l’on pouvait retrouver. Les viticulteurs et les ouvriers du pressoir ne sont pas les uniques travailleurs de ce domaine. Ainsi existait-il également des cuveliers ou encore des artisans fournissant des cercles et des osiers pour les tonneaux et entonnoirs.
Un ancien pressoir d’Ampsin nous est parvenu de cette époque. Il est conservé au musée de Huy.
La culture de la vigne subsista jusqu’au début du XXe siècle et le vin d’Amay était assez réputé, tant au Moyen-Age qu’au XIXe siècle. En 1846, les vignobles d’Amay (9,58 ha) et d’Ampsin (5,46 ha) occupaient encore les troisième et quatrième places au regard de la superficie exploitée en Belgique (après Huy avec ses 50,24 ha, et Liège et ses 25,95 ha).
Aujourd’hui, sur les coteaux, on aperçoit encore la superposition de terrasses qui accueillaient les vignes, bien qu’elles soient ensevelies par la végétation. Réel patrimoine paysager et architectural, le classement des terrasses amaytoises a été effectué en 1998.
