La carrière d'AmpsinEntre falaises de calcaire et flore sauvage, la carrière d'Ampsin est classé Réserve Naturelle Domaniale depuis 2008.https://bibliotheca.amay.be/patrimoines/patrimoine-naturel/la-carriere-dampsinhttps://bibliotheca.amay.be/patrimoines/patrimoine-naturel/la-carriere-dampsin/@@images/image-1200-816021d8f87936262e6181a37cfb16b2.jpeg
La carrière d'Ampsin
Entre falaises de calcaire et flore sauvage, la carrière d'Ampsin est classé Réserve Naturelle Domaniale depuis 2008.
Informations
Passé industriel :
Il est difficile d'être précis concernant le début des activités d'extraction de la carrière. L'exploitation du sol d'Ampsin est documentée depuis 1548. On peut toutefois supposer que la carrière était en activité dès le début du XIVe siècle. Le château du Sart a en effet nécessité, pour sa construction, une quantité importante de moellons extraits de la carrière communale.
L'existence d'un four communal est attestée dès le XVIIIe siècle. Ce dernier était allumé pendant les mois d'été, limitant la production aux besoins des entrepreneurs bâtisseurs et cultivateurs. Il aurait été en activité de 1725 à 1852. Ce four fut détruit en 1984 lors de l'aménagement de la nationale.
Ce domaine était initialement une des propriétés de la commune d'Ampsin. Au XIXe siècle, les communes mettaient les fours en location, Ampsin y compris. Les locataires étaient libres d'y ajouter, à leur frais, des fours supplémentaires au pied de la carrière. La pierre calcaire était transformée en chaux puis commercialisée comme mortier ou enduit dans la construction du fait de ses propriétés hydro-régulatrices.
En 1890, Hippolyte Dumont, carrier d'Hermalle-sous-Huy, en fit l'acquisition. Il y installa son exploitation sous le nom de Dumont-Wautier (nom de son épouse), y fit construire de nouveaux fours qu'il fit relier à la gare d'Ampsin par l'installation d'une voie ferrée.
Hippolyte Dumont décéda en 1922. Ses héritiers se constituèrent, en 1925, en Société Anonyme Dumont-Wautier, qui continua de croître, fortement portée par les Trente Glorieuses (1945-1975). Les innovations techniques d'après-guerre permirent également à l'activité de se développer rapidement.
L'expansion de la carrière a bien entendu empiété sur la surface boisée. De ce fait, les deux menhirs naturels, le "Baron" et la "Baronne", ont disparu en même temps que les gorges, ce lieu qui était visité par touristes.
Le choc pétrolier de 1973 mena à une crise économique majeure, les trois quarts de la consommation énergétique des pays industrialisés étant fondés sur le pétrole. Cette situation économique mondiale s'accompagna d'une remise en question de l'exploitation du site du fait d'un éboulement et des risques liés aux explosions pour les riverains. Petit à petit, le site fut réhabilité en tant que site naturel et fermé définitivement en 2007. En décembre 2008, la carrière d'Ampsin fut classée comme Réserve Naturelle. Le site appartient toujours à la SA. Dumont-Wautier. Depuis la fusion d'Ampsin avec Amay, c'est l'Administration communale d'Amay qui assure la gestion du site. Le Département de la Nature et des Forêts de la Région Wallonne assure la protection de sa faune et flore.
Site naturel
Cette carrière à ciel ouvert est composée de pierre calcaire datée de plus de 320 millions d'années et provenant de l'amoncellement de micro-organismes marins. L'eau présente dans la carrière provient de la Meuse, venue par infiltration. L'importance et la qualité des gisements, ainsi que la localisation de la carrière, a permis le développement d'une activité industrielle.
Les trente hectares qui constituent cette réserve sont aujourd'hui un parcours géologique didactique qui offre aux visiteurs la possibilité de comprendre le travail d'extraction, la nature des roches et le développement d'une biodiversité particulière.
La carrière d'Ampsin se compose d'une grande diversité de biotopes : plans d'eau, zones humides, versants à expositions contrastées, pierres et parois rocheuses avec falaises, faciès forestiers jeunes et plus anciens. Cette variété a permis l'installation de nombreuses espèces. Une flore intéressante et sauvage s'y est également développée.
Afin de favoriser cette diversification biologique relativement récente, quelques objectifs sont à poursuivre :
le maintien de la diversité des habitats contribuant à l'intérêt biologique des carrières ;
l'amélioration de l'intérêt écologique du site grâce à la gestion ou reconversion partielle des zones banales tout en conservant de zones témoins de ces végétations ;
l'aménagement de nouveaux milieux indispensables au développement d'espèces animales et végétales particulières (mares permanentes ou temporaires, cavités dans les parois rocheuses, rafraîchissement de falaises sableuses ou terreuses, etc) ;
la préservation du site d'exploitation comme témoin de l'histoire.
La carrière est clôturée et pourvue d'une grille d'entrée au niveau du chemin d'accès. L'accès du public est autorisé sur les sentiers. Cependant, pour des raisons évidentes de sécurité, certaines parties du site sont strictement interdites. Des panneaux didactiques présentant l'histoire du site et ses différentes richesses biologiques et minérales sont installés à l'entrée.