Un oratoire existait dès la fondation de l'hôpital vers 1080. L'évêque Henri de Verdun, lors de sa visite en octobre 1090, consacre l'église à saint Matthieu. Un acte de l'évêque, daté de 1091, officialise l'établissement de la paroisse, concède aux chanoines le droit de baptiser et d'accorder le dernier sacrement.
En 1568, l'église est pillée et incendiée lors des Guerres de Religion. Entre 1658 et 1661, elle est reconstruite par l'abbé Guillaume de Hemricourt et consacrée, en 1666, à la Vierge, saint Matthieu et saint Maximilien.
Description :
L'église est composée d'un portail d'entrée monumental, d'un déambulatoire, d'une longue nef à six travées, d'un chœur à trois pans et d'une haute tour octogonale. Cette tour est surmontée jusqu'en 1803 d'un clocher bulbeux. Ce dernier, visible sur la gravure de Remacle Leloup, a été détruit lors d'un orage. D'une hauteur de plus de 20 mètres, elle comporte quatre salles superposées. La partie supérieure abrite les cloches. Des oculi encadrés de calcaire percent les façades.
Le portail d'entrée est doté d'une niche accueillant une Vierge à l'Enfant. La statue est estimée du XIXe siècle. Sous cette niche, une pierre, portant les armes et la devise de l'abbé de Hemricourt et ayant été martelée à la Révolution française, indique la personne à l'initiative de cette restructuration. Les ailerons à volutes décorant le portail sont similaires à ceux du portail de la ferme de Hottine, dont la bâtiment actuel a été construit entre 1646 et 1715. La bâtière est couronnée d'une croix en fonte.
Le chœur de l'église accueille un maître-autel Renaissance composé de colonnes composites de marbre rose. L'ensemble architecturale évoque un portique. Un tableau, représentant La descente de croix, peint par Englebert Fisen, décore le retable. Au-dessus de l'oeuvre, une inscription latine informe que l'autel a été dressé par Guillaume de Hemricourt. On retrouve d'ailleurs ses armoiries sur le fronton.
Les stalles ont été réalisées en 1662. Elles étaient utilisées pour la psalmodie des chanoines dans le chœur. De style Louis XIII, on retrouve les caractéristiques de cet esthétisme dans les colonne torses, les chapiteaux corinthiens, les rinceaux, les draperies en guirlande ou encore les masques donnant l'impression de soutenir les chapiteaux ioniques. L'ébéniste a choisi une large palette iconographique : angelots, cornes d'abondance, culots, animaux réels ou fantastiques.
Les vitraux :
Les vitraux sont une création contemporaine. Ils ont été réalisés vers 1970 par le maître-verrier Armand Romainville. D'esthétique abstraite, ils se composent de formes géométriques de diverses couleurs. Une fois éclairés par la lumière du soleil, ils offrent une luminosité particulière à l'église.
La chapelle de l'église est composée de six vitraux représentant les sept sacrements. De style figuratifs abstraits, ils ont été réalisés dans des tons orangés, pourpres, bleu et jaune. Malheureusement, suite à un incendie, les trois vitraux à l'extrémité est de la chapelle ont été détruits.
Les vitraux seront remplacés par le travail de Thierry Romainville, fils du maître-verrier ayant réalisé les premiers vitraux. Le projet de restauration s'inscrit ainsi dans une prolongation de l'oeuvre du père. Trois vitraux seront créés, respectivement sur le thème de l'Eucharistie, la Rédemption et la Sainte Trinité. Si la palette de couleurs sera conservée, quelques différences de style seront à noter, notamment dans l'usage de morceaux de verres de taille plus importante.