La châsse de sainte Ode

La châsse de sainte Ode

Cette châsse est le quatrième réceptacle des reliques de sainte Ode.

Informations

Entre les X et XIIIe siècles, plusieurs châsses ont été réalisées par des artisans mosans. Une quinzaine nous sont parvenues, témoignant de ce savoir-faire. Celle de sainte Ode en fait partie. 

Son histoire : 

Cette châsse a été réalisée en 1240 et 1250. Si elle est dite de sainte Ode, une partie de son iconographie est dédiée à saint Georges. Sainte Ode est celle qui a développé le culte de son saint patron dans la région en fondant plusieurs oratoires qui lui étaient dédiés. De plus, le saint connait une ferveur à cette époque, sa vie légendaire étant spectaculaire et épique. 

L'iconographie : 

La châsse d'Ode est dédiée à la sainte éponyme et à saint Georges, occupant respectivement les pignons du reliquaire. La figuration exclut la traditionnelle image de la Vierge et du Sauveur. Il est possible que cette absence soit expliquée par une volonté de symétrie dans la figuration. L'entièreté du programme iconographique expose les caractéristiques de la sainte amaytoise et de sa piété et dévotion pour son saint patron, considéré comme favoris entre le XII et XIIIe siècles. 

Les flancs figurent les douze apôtres, chacun sous un arc en plein cintre soutenu par des colonnes. 

Les pignons de sainte Ode et saint Georges :

  

Les deux saints sont représentés dans des arcs trilobés.

Sainte Ode tient de sa main gauche un livre ouvert, l'index de sa droite est tendu. L'attitude, le geste et les drapés indiquent que les autres personnages de la châsse ont été réalisés par le même orfèvre. Ce n'est pas l'iconographie traditionnellement attribuée à sainte Ode. En effet, elle est représentée en tant que femme mariée (sa tête est couverte du touret et de la guimpe mentonnière, un type de coiffe du XII et XIIIe siècles), alors qu'on lui connait plus la représentation de l'abbesse et fondatrice d'églises, symbolisée par les attributs de la collégiale. 

Saint Georges, saint patron des chevaliers est vêtu d'une cotte d'arme et d'un grand haubert (cotte de mailles) finement traité. Son bouclier porte un écusson gravé d'une croix de Jérusalem, symbole des croisades et Croisés dont saint Georges était le patron. 

Les douze apôtres : 

Les apôtres sont représentés sous les traits de vieillards, assis sur des banquettes sommaires. L'absence des attributs caractéristiques rend l'identification impossible, si ce n'est pour la calvitie de saint Paul. Tous tiennent un livre mais de manières différentes, ce qui permet d'ajouter à l'individualisation des apôtres permise par les traits du visage et les coiffures. 

Les bas-reliefs :

La toiture de la châsse est ornée de six bas-reliefs en argent, trois de chaque côté, narrant les faits principaux de la légende des saints Ode et Georges. Leur lecture s'effectue de gauche à droite, se calquant ainsi sur le sens giratoire des pèlerins lors des circumambulations (processions autour de l'autel).  

Le cycle iconographie de sainte Ode : 

La charité de sainte Ode la figure lavant les pieds d'un pèlerin. C'est un exemple de sa charité vantée dans son hagiographie du XIIIe siècle. Le pèlerin est assis sous une structure religieuse, un emplacement témoignant de l'hospitalité et de l'humilité de la sainte. 

La piété de sainte Ode la représente agenouillée, les mains en prière, dans une église, s'apprêtant à recevoir l'hostie tenue par le prêtre devant elle. L'architecture de l'édifice semble rappeler la collégiale amaytoise dans sa disposition première. Toutefois la forme du chevet ne permet d'affirmer cette hypothèse. Ce bas-relief est l'une d'une des plus anciennes représentations du rituel de l'Élévation apparu à la fin du XIIe siècle. 

Le trépas de sainte Ode figure la sainte allongée, bras croisés. L'orfèvre a figuré son âme emportée par un ange. Autour d'elle, un évêque brandit un livre, un acolyte tient une croix et encense la dépouille pendant qu'un autre tient un seau d'eau bénite. 

Le cycle iconographique de saint Georges : 

Saint Georges chargeant le dragon évoque le caractère épique des chevaliers affrontant leurs ennemis. Le dragon symbolise le mal. Cette légende apparait tardivement, au XIe siècle. La présence sur la châsse, d'un chevalier terrassant le mal, durant une période de guerre sainte, ne semble pas anodine. 

Le martyre de saint Georges est la scène du supplice. Elle est inspirée du Calvaire : le saint, attaché sur une croix, constitue l'axe de la composition de l'image et évoque le Christ crucifié. Saint Georges est entouré de quatre personnages, deux bourreaux lui brûlent les aisselles, tandis que les deux autres observent en souriant. 

La décollation de saint Georges se présente comme la scène finale du martyre. Un soldat tient le saint par la chevelure tandis qu'un autre s'apprête à lui donner le coup fatal. Saint Georges est présenté en martyre pieux et résigné. Ses mains sont en prière, tendues vers le ciel, d'où émerge la main tendue du "Père". 

La châsse était exposée lors de trois fêtes accompagnées d'office: 

  • le 9 juillet, date de sa translation attestée dans son hagiographie datée du XIIIe siècle
  • en septembre, lors de la procession de la châsse
  • le 23 octobre, à l'occasion de la Sainte-Ode

Catégorisation
Villages Amay
Périodes 13ème siècle
Thématiques Histoire
Géolocalisation
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