Les briquetiers d'Amay et Ampsin

Amay et Ampsin sont deux localités où le travail de l’argile a été prolifique et le savoir-faire des briquetiers de la région était tel qu’ils exportaient leur artisanat hors de nos frontières.

Cette industrie était tellement ancrée dans notre commune qu’elle en changea le paysage social de la région. Les localités se vidaient lors des campagnes à l’étranger et deux célébrations ont marqué les années.

Une brève histoire de la brique : 

Si la brique est déjà utilisée dès l’époque romaine, cette technique tombe en désuétude peu après la chute de l’empire romain.

1000 ans plus tard, sous l’influence des militaires et religieux, la brique revient sur le devant de la scène, encensée pour ses nombreuses qualités : peu coûteuse, facile à produire, excellent isolant.

La première mention de la fabrication de briques dans la commune date de 1661. Au XIXème siècle, l’industrie s’organise par la suite autour de maîtres-briquetiers, comme les Delcominette ou Lambert Thirion à Amay et Hyppolite Dumont à Ampsin.

Mais cette production entraine une diminution des réserves de terre. En 1720, l’exportation de la brique hors de la localité est interdite.

Les premières itinérances de briquetiers se font vers Aix-la-Chapelle, en Flandre, Maastricht ou encore le Luxembourg.

Les campagnes des briquetiers : 

Avec la révolution industrielle, les migrations se font à de plus larges distances : France, Italie, Espagne, Pologne et même Russie, où l’on retrouve encore à Toula des bâtiments en briques de 24 x 12 cm, un format caractéristique de chez nous.

Les ouvriers partaient “faire de la brique” de mai à octobre. On les envoyait en grande pompe avec des célébrations amaytoises qui marquaient le début et la fin des campagnes.

 

De ces deux fêtes, reste la fête foraine d’avril, dernière héritière de cette tradition. 

Les avancées sociales : 

Ce métier extrêmement difficile était accompagné de piètres conditions sociales : pas de contrat, ni de protection en cas d’accidents, des horaires harassants (12h/jour) et aucune législation pour le travail des femmes et enfants.

Les revendications ouvrières ont permis de faire évoluer le droit du travail.

La disparition du métier de briquetiers : 

L’industrialisation de cet artisanat a impacté la rentabilité du travail manuel. Avec l’apparition de machines malaxant, étirant formant et coupant la terre, l’intervention des travailleurs est de moins en moins recherchée. La production mécanique est aussi plus rapide et constante.

La dernière briqueterie ferme ses portes en 1958.

De cette profession nous restent les maisons amaytoises. Les plus imposantes, souvent surnommées châteaux, étaient celles construites pour la bourgeoisie d’Amay. Vous pouvez découvrir certaines de ces demeures en cliquant ici.